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seigneur. Plus tard et au fur et à mesure de l'accroissement de la population des bourgades autour du manoir, on construisait en dehors de l'enceinte du castrum une église, et la chapelle primitive demeurait réservée aux habitants du château. C'est ce qui serait arrivé, selon nous, à Chambéry, où l'antique et primitive chapelle du château aurait été, dans le commencement, l'église pour les habitants de Chambéry avant la construction de Saint-Léger1, et serait restée l'église pour le faubourg de Maché jusqu'au xive siècle. Puis, en 1348, elle aurait été reconnue impropre au service religieux ou même seulement trop petite, ce qui aurait décidé les comtes de Savoie à l'abandonner entièrement. Ils auraient alors construit tout à la fois : 4° en dehors du château et pour les besoins des habitants de Maché, une véritable église paroissiale, commencée par Amédée V et continuée par Aymon et son successeur, subtus castrum prope aquam Albane, (désignation qui, nous l'avons déjà dit, se rapporte parfaitement à l'église de Saint-Pierre-sous-le-Château), à laquelle se rattachent les comptes de Pierre Wiffred; 2° dans l'enceinte du manoir, prope cameras domini et dominæ, une simple chapelle domestique, celle que nous voyons apparaître sous le titre de capella nova en 1345. Cette capella nova a dû être établie par Amé V. Il est probable qu'elle faisait partie des constructions considérables que ce prince a ajoutées au château de Chambéry, après l'avoir acquis du seigneur

1 Nous regrettons de ne pouvoir, faute de documents authentiques, nous montrer plus affirmatif à cet égard. Nous savons seulement que la paroissiale de Saint-Léger et la chapelle du château figuraient toutes deux dans le Pouillé du diocèse en 1110; mais, bien que cela nous paraisse probable, il n'est pas certain que cette dernière ait existé avant la première.

de La Rochette. Notons cependant qu'il n'en était pas encore question en 1304, car, à cette date, le compte de Rodolphe Barralis, châtelain de Chambéry, mentionne des réparations à une chambre qui était retro capellam castri. On ne dit pas capellam veterem comme plus tard, ce qui semblerait indiquer qu'elle était encore unique.

Mais il nous tarde de quitter ce terrain mouvant des conjectures, pour arriver enfin au monument qui fait l'objet de notre travail et au sujet duquel il n'existe, grâce à Dieu, aucune incertitude; nous voulons parler de la Sainte-Chapelle du château de Chambéry.

CHAPITRE II

Commencement de la construction de la Sainte-Chapelle.

Conti

nuation des travaux. Tour du clocher. La Sainte-Chapelle n'a Incendie en 1532. - Établissement de la

jamais été achevée. façade actuelle en 1641. Orgues. Tombeaux.

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- Chapelle de Nemours ou de Saint-Joseph. Verrières.

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Le XIVe siècle avait vu grandir la fortune et l'importance des princes de Savoie et, selon les termes mêmes d'un document important que nous donnons sous le numéro 2 de nos Pièces justificatives et auquel nous allons avoir à emprunter plusieurs détails intéressants, Amédée VIII, le futur duc, << pieusement possédé du désir de voir nonseulement l'État que la divine Providence a placé sous sa domination jouir de la paix et de la justice, mais encore de s'occuper particulièrement et de préférence de ce qui regarde le culte divin et les édifices sacrés, de protéger ceux qui existent, de relever ceux qui tombent... », avait formé le projet d'élever dans son château un nouveau temple plus vaste, plus riche et plus conforme à la haute dignité souveraine à laquelle il aspirait. La première indication que nous ayons sur la construction de la SainteChapelle nous est fournie par le compte de Guigonnet Mareschal, de Chambéry, secrétaire du comte de Savoie, que ce prince avait institué pour la perception et l'emploi des deniers destinés à la chapelle dont il avait ordonné

la construction dans le château de Chambéry, du côté de la ville, et qu'il avait fixés à la somme annuelle de 2,704 florins par des lettres patentes données au Bourget le 8 mai 14081.

Ce compte et ceux des successeurs de Guigonnet Mareschal, Antoine Pagni, Jehan Girard alias Chevallier, etc., contiennent des renseignements précieux sur les dépenses de toute nature, achats de marbre blanc, de pierre de Seyssel; salaires des maîtres et ouvriers maçons, etc., l'occasion de cette grande entreprise, jusqu'en 1439. Nous citerons, entre autres, les articles suivants qui sont relatifs aux sculptures et à l'ornementation de l'édifice:

Extrait du compte de 1409 et 1440 Payé tant à maître Jean Prindalles, maître sculpteur (imaginator), qu'à d'autres artistes, pour sept cent cinquante journées employées par eux à faire des chapiteaux, des gargouilles et divers ouvrages de leur art.... 4444 A Mre Prindalles, pour dix journées employées par lui à faire un saint Georges en pierre blanche, qui fut placé dans ladite chapelle 2, etc...

1

Computus Guigoneti Marescalci de Chamberiaco secretarii Domini, receptoris et exactoris pecuniarum pro fabrica et edificiis Capelle per Dominum de novo fieri ordinate in castro suo Camberiaci a parte ville dicti loci per Dominum constituli et ordinati de receptis et libratis per ipsum Guigonetum nomine Domini factis de duobus millibus septengentis quatuor florenis annualibus per Dominum ibidem propter hoc assignatis et per ejusdem Domini licteras datas Burgeti die octavo mensis maii anno Domini 1408, etc.

* Libravit tam magistro Johanni Pruidella (suivant une copie appartenant à M. le marquis Costa de Beauregard) Prindalles (suivant le texte donné par M. Chapperon) magistro imaginatori operum predictorum capelle Domini quam aliis ymaginatoribus pro septies centum quinquagenta una jornatis ymaginatorum quibus operati fuerunt in annis 1409 et 1410 in operibus predictis ad faciendum yma

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